Santa Teresa, ou reprendre son souffle


Il faisait un temps magnifique vendredi le 20 mai dernier, alors que je me dirigeais vers le village de Ste-Thérèse. J'ai traîné mon coton ouaté en me disant que j'allais sûrement en avoir besoin une fois le soleil couché - faut pas faire ça, traîner un coton ouaté "juste au cas", y'a juste les vrais qui savent comment le nouer convenablement autour de leurs épaules, en bandoulière, et qui ont l'air de quelque chose, et je ne suis clairement pas dans ce cercle-là.


Bon.


Alors je rejoins un ami et on marche ensemble vers l'entrée du Santa Teresa, et déjà, je suis fébrile. J'aperçois la rue bondée de gens, de festivalières et festivaliers heureux de se retrouver en cette soirée de mai aux airs d'été. On se dirige vers la scène principale, on est déjà plusieurs qui attendent impatiemment le début des prestations, trois au total pour ce soir: Lydia Képinski, Choses Sauvages et Hubert Lenoir.


Je dois avouer que j'écoute le dernier album de Lydia Képinski, "Depuis", en boucle depuis sa sortie, j'ai le CD-livre à la maison (un objet absolument magnifique, que j'ai acheté même si je n'ai rien à la maison qui puisse lire un CD, qui détaille chaque pièce de l'album...à se procurer sans hésiter!), bref, je suis prête fois mille. Les musiciens se présentent sur scène et rapidement les premières notes de "L'imposture" se font entendre. Ça y est, ça commence. Je sens la foule vibrer autour de moi, tout le monde est là, tout le monde accueille Lydia Képinski avec énergie, euphorie. Elle traverse la foule et cette pièce résume, pour moi, toute l'attente de laquelle j'ai été captive depuis le début de la pandémie:

Quand nos voix se superposent C'est comme une métamorphose Des sentiments
Ça fait des lunes et des lunes Que j'attends ce moment

La suite est tout aussi énergique, sentie. Lydia Képinski et les musiciens qui l'accompagnent nous font passer un moment mémorable, et après une heure en leur compagnie, on en reprendrait encore. "Serez-vous au rendez-vous?", lance-t-elle dans la pièce d'ouverture. Nous y étions, sans aucune hésitation.


Les gens autour de moi ont tout juste le temps d'aller se chercher à boire que les membres de Choses Sauvages rejoignent la scène. Je n'étais pas prête. C'est. de. la bombe. Ben oui toi, on sort essoufflés et heureux du passage de Lydia Képinski, que Choses Sauvages nous reprend par la main et on se laisse emporter par leur folie, leur désinvolture, leur groove contagieux. Fun fact: Choses Sauvages et un groupe originaire de St-Eustache. Il s'en fait du talent dans nos Laurentides! À l'issue de leur prestation, l'air est électrique, chargé d'une énergie unique. C'est ça pour moi, l'effet Choses Sauvages. Ils seront d'ailleurs de passage dans les Laurentides à la fin de l'été, durant le Festival Focus qui aura lieu à St-Adolphe-d'Howard. Faut pas manquer ça!


La foule est de plus en plus dense, prête au retour tant attendu d'Hubert Lenoir sur scène en sol québécois. "I"m back baby", qu'il nous annonce, et ça te lance la suite sur un moyen temps. On se retrouve complètement investis de son énergie et de sa fougue, de sa flamboyante prestation qui ne peut laisser personne indifférent. Définitivement, ce soir, je suis venue voir des bébittes, comme le disait l'ami qui m'accompagnait ce soir-là. Des bébittes spéciales qui ne se font qu'en un seul spécimen, que l'on envie pour leurs couleurs éclatantes et leur manière d'être extraordinaires. Elles me fascinent, elles m'inspirent. Hubert Lenoir, avec PICTURA DE IPSE: Musique directe, est sans compromis, et le public en veut, en redemande. S'enfilent les pièces de ce dernier album, pour une prestation de clôture qu'on ne voudrait jamais voir finir.


Je savais que j'attendais avec impatience le retour du Festival Santa Teresa. J'y ai toujours passé des moments mémorables (tsé, Alaclair Ensemble sur le top d'une van devant l'ancien Local 41, entre autres!), mais je ne m'attendais pas à retrouver une suite de prestations aussi enflammées et nécessaires. Le monde a besoin qu'on fasse davantage de place aux bébittes comme celles-là. On ne peut pas se passer d'elles, tout simplement.


DGLove




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