• Joannie Chassé

À hauteur d'homme

À hauteur d'homme, on pique le ciel.


C'est l'image qui m'apparaît, quand je pense "à hauteur d'homme". Comme si, du bout des doigts, on pouvait toucher le reste, le bleu, les étoiles, les nuages...Je me dis, si au moins on pouvait y toucher, à cette masse qui nous fixe les heures et les jours, on pourrait peut-être lui donner un sens? Mais à hauteur d'homme, on gratte le sol. On s'élève de justesse pour ne pas manquer le bateau, on s'essouffle après avoir fait le tour de nos affaires, puis on se laisse tomber, vifs de nos vies latentes, sous le poids de la journée accomplie.


En nous, l'idée que ça ne peut jamais s'arrêter, et le feu d'une idée nouvelle.


Parce qu'à hauteur d'homme, reste qu'on peut imaginer ce qu'on veut. Les étapes, les passages et les détours, on les crée. On s'est fixé des points de non retour, mais ils sont muables, mouvants. On marque les dates du calendrier d'une encre effaçable, parce qu'on sait que l'idée, c'est de se réinventer. On a une liberté neuve, celle de l'expérience. Riches de nos quêtes et prêts à changer, on accepte le vide qui nous est promis demain.


À hauteur d'homme, plus besoin de donner sens à ce qu'il y a au-dessus de nos têtes. On le sait, naturellement, que ça va bien aller.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now